Erwan Blaszka : L’Œil qui Révèle l’Invisible
Il y a des photographes qui capturent des instants, et d’autres qui sculptent des univers. Erwan Blaszka appartient à cette seconde catégorie.
Dès son plus jeune âge, son regard s’est imprégné du cinéma, des festivals et des visages qui racontent des histoires. À 27 ans, il façonne une esthétique à la croisée de l’introspection et du storytelling visuel et en sublimant les artistes émergents.
Son travail n’est pas qu’une simple photographie : c’est une immersion dans un monde où chaque ombre, chaque éclat de lumière et chaque émotion ont un rôle à jouer.
Dans cette interview, nous allons plonger plus en profondeur dans son univers artistique, découvrir ses inspirations, son processus créatif et sa vision de la photographie.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours en photographie ?
Je m’appelle Erwan Blaszka, j’ai 27 ans et j’ai commencé la photo dès l’âge de 8 ans, mon père m’avait donné le Nikon qu’il avait acheté pour l’un de notre dernier voyage. Je prenais mes amis en photo, puis tout doucement j’ai commencé à me déplacer très jeune dans les festivals de cinéma. Celui du festival romantique de Cabourg, le festival américain de Deauville et ensuite le festival de Cannes.
Pendant 10 ans j’écumais tous les festivals de cinéma en étant mineur et photographe amateur. J’ai ensuite fait une saison à la montagne en tant que photographe sur les pistes, puis sur les plages normandes où je prenais régulièrement les familles en photos. J’ai aussi fait beaucoup de restauration parce que la photographie ne payer pas énormément à cette époque.
Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir photographe ?
Ce qui m’a inspiré à devenir photographe, c’est avant tout le cinéma. J’ai la chance d'être touché par cet art dès le plus jeune âge, c'est ce qui m’a vraiment motivé par la suite.
En revanche, l’une de mes plus grandes inspirations est le photographe Robert Doisneau, sa sensibilité et son talent à prendre des moments simples de vie en photo et les transformer en véritable chef-d’œuvre.
C'est certainement ce qui m'a appris à développer mon rapport à l’humain et à capturer les moments que je crée et que j'aspire à marquer au fer rouge.
Comment décririez-vous votre style photographique ?
Je dirais que mon style photographique est poétique et introspectif, invitant le spectateur à s’immerger dans mon univers.
En résumé, mon travail est une fusion de technique, d’émotion et de narration visuelle. Je fais toujours en sorte que mon travail se caractérise souvent par des compositions soignées et une attention particulière à la lumière, aux couleurs et aux émotions.
Quels types de photographie privilégiez-vous et pourquoi ?
Je privilégie principalement la photographie artistique et éditoriale. J’aime les portraits stylisés dans les domaines de la mode, de la musique et du cinéma.
Je mets en avant la personnalité et l’émotion de mes sujets, souvent des artistes underground ou des figures publiques. Mes photos racontent une histoire ou capturent un instant précis, avec une forte attention aux détails.
Cela peut donner une atmosphère cinématographique à mes clichés. Je souhaite donc créer un impact visuel nouveau et fort en mettant en valeur les artistes tout en valorisant l’inclusion et la différence.
Quels outils et équipements utilisez-vous principalement ?
Je garde ça secret, car aucun magicien ne dévoile ses tours.
Je travaille beaucoup en studio, notamment au Studio Macé dans le 11ème arrondissement de Paris avec un excellent chef élec/photographe qui s’appelle Milo Nloh, ainsi que mes deux retoucheuses IA/photographe et directrice artistique, l’équipe "C’EST PAS UN FILM".
Comment se déroule votre processus créatif, de l’idée initiale à la prise de vue ? Et, quelles sont les étapes que vous suivez lors de la préparation d’une séance photo ?
1ère étape : Recherche d’idée ou de référence artistique avec laquelle je pourrais accommoder mes idées personnelles.
2ème étape : Recherche colorimétrique à partir de séquences de film qui m’ont marqué.
3eme étape : Trouvez un sens et un concept à l’image pour ne pas qu’elle soit vide.
4ème étape : Création d’un moodboard complet, séquence, thème, couleur et concept avec une certaine narration qui pourrait en découler.
Avez-vous un projet ou une série de photos qui vous tient particulièrement à cœur ?
Chaque projet que je fais ou série de photo que j’ai pu crée, me tiens à coeur. Chaque sujet a son importance et l’humain encore plus. Je ne me force jamais à collaborer avec quelqu’un si je n’en ressent pas l’envie ou si il n’est pas en accord avec mes valeurs. Je priorise toujours l’échange, l’humour, le respect et la considération.
Pouvez-vous nous parler d’une expérience marquante que vous avez vécue en tant que photographe ?
Ma rencontre avec Asap Ferg. C'est la personne qui m’a le plus marqué, j’ai reçu un message de sa part sur Instagram, en me disant qu’il était super content de travailler avec moi. Nous avons ensuite passé une journée ensemble à la fondation Louis Vuitton lors de l’exposition de Michel Basquiat X Andy Warhol. Nous avons par la suite gardé contact et aujourd’hui il est devenu une personne très importante dans ma vie artistique.




Comment la photographie influence-t-elle votre perception du monde ?
La photographie m’a appris à observer des détails invisibles ou négligés dans le quotidien : la texture d’un vêtement, la lumière naturelle ou artificielle, ou une expression émotionnelle.
Chaque scène, objet ou personne peut devenir une " composition potentielle "
La photographie m’a captivé par la narration et le storytelling que certains artistes ont réussi à transmettre à travers une image.
Photographier des portraits, en particulier, exige une connexion avec mes modèles. Cela développe une sensibilité accrue à leurs émotions, leurs histoires et leurs vécus.
Cette interaction profonde influence ma manière de voir les gens, au-delà de l’apparence.
Quels sont vos projets futurs en tant que photographe ?
J’ai créé une soirée qui s’appelle « Merci d’être passé » qui consiste à mélanger les arts, mettre en avant les artistes émergents grâce aux artistes développés qui partageront la même scène. Avec une vraie expérience immersive de mon univers artistique. Je souhaite faire une 3ème édition cette année.
A l’issue de laquelle découlera une exposition éphémère d’une semaine de mes projets photographiques.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute dans la photographie ?
Expérimenter sans peur de l’échec.
"Essayer, rater, recommencer" c’est dans l’erreur que vous progresserez. Tester différentes perspectives, cadrages ou approches pour sortir des sentiers battus.
S’affirmer et ne pas avoir honte de sa valeur et de fixer un prix.
Cherchez ce qui vous inspire, ne copiez pas, mais laissez-vous influencer par des films, ou d’autres artistes et trouvez votre propre voix, vos propres colorimétries et vos propres idées.
Comment aimeriez-vous que votre travail soit perçu par le public ?
Je vise à produire un impact visuel durable et à laisser une empreinte artistique. J’aimerais que le public ressente une connexion émotionnelle avec mes images, qu’elles racontent une histoire et suscitent une réflexion.
Je tente de faire passer un message dans mon art, mais je souhaite laisser une liberté d’interprétation à mon public.
Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ?
Ouvrez-vous à tout type d’art, à tout type d’inspiration, à tout type d’humain. Essayez-vous, trouvez-vous et devenez qui vous devez être.
Tracy Gotoas photographié par Erwan Blaszka.
Quelle est votre définition de l’Underground ?
“L’Underground est selon moi une culture de la résistance associée à des mouvements contre-culturels.
C’est une forme de résistance face aux systèmes dominants, une façon de remettre en question les structures existantes. Je le vois aussi comme la naissance d’une nouvelle forme d’art. ”